Poterie et Céramiques

Les deux centres principaux de fabrication de poteries sont Fès et Safi. Ils présentent chacun des particularités.
Fès possède une tradition séculaire de céramique. Les artisans de la ville produisent des objets ménagers délicats, tels que des services à thé ou des assiettes décoratives. Leur marque de fabrique est le motif géométrique bleu et blanc très fin qui reflète les dessins des mosaïques de la ville. Ces pièces sont des œuvres d’art marocain du pays.
Les potiers de Safi privilégient les formes rondes, comme dans leurs gros cendriers ou leurs tasses à café. Les couleurs de base sont généralement le blanc, le jaune ou le vert-bleu, qui sont ensuite rehaussées de grosses touches de couleur. Ces formes gaies et très modernes plaisent beaucoup et témoignent du côté agréable de la vie sur la côte.
Tout e charme de la poterie marocaine résulte du fait qu’elle est entièrement façonnée à la main, mais cela implique qu’il arrive que les pièces vendues présentent certains défauts. Aussi, mieux vaut prendre son temps pour être sûr de faire le bon achat. Si une pièce retient votre attention, prenez la peine de l’observer de près pour vérifier qu’elle ne comporte aucune fissure ou craquelure. Si cela est possible, posez-la sur une surface plane afin de voir si elle n’est pas bancale et si elle vous convient. Observez également le vernissage. Bien entendu, les petites imperfections font partie du charme, mais mieux vaut vérifier qu’il n’existe pas de fissures qui pourraient amener la poterie à fuir. Les bulles sont dures à éviter mais elles doivent rester petites. Retournez la pièce pour vérifier que le vernis est appliqué de façon régulière, ce qui est un gage de qualité. Vous restez bien entendu le seul juge pour ce qui est de la forme et de la peinture. Les motifs grossiers ne sont pas nécessairement le signe d’un manque de soin.
Signalons que les potiers de Safi emploient régulièrement un colorant rouge réputé toxique, et que les pièces de cette couleur ne doivent être utilisées qu’à des fins décoratives.
Les assiettes et les coupes en céramique sont des souvenirs simples à rapporter. Les modèles les plus simples s’achètent à partir de 80 Dh, mais il faut débourser plusieurs centaines de dirhams pour une belle assiette. Les plats à tajine, composés d’un plat creux et d’un couvercle conique, font d’excellents souvenirs. Les versions décorées (généralement aux couleurs criardes) sont destinées aux touristes ; les autres (en terre cuite brute), utilisées localement, peuvent valoir entre 20 Dh (le plat pour deux personnes) et 40 Dh (le plat pour 9 convives).
A l’opposé de la poterie urbaine raffinée existe une production plus rustique (et souvent non vernie), celle des Berbères, qui ne manque pas de charme. Ses particularités évoluent selon la région. L’ocre est la couleur dominante dans le Haut Atlas, à l’est de Marrakech, excepté à Zagora où vous trouverez des pots, des vases et des coupes teintés vert. Les récipients destinés à contenir l’eau sont souvent décorés avec une mystérieuse substance noir, dont l’une des vertus serait de purifier l’eau.

Maroquineries

La grande majorité des articles en cuir produits actuellement au Maroc sont destinés aux touristes. Les fameuses tanneries de Fès fournissent la moitié de la matière première nécessaire à la production nationale.
Les articles les plus « authentiques » sont les babouches (belgha en arabe). Celles destinées aux hommes sont jaunes ou blanches, tandis que les modèles décorés et de couleur vive sont réservés aux femmes.
Vous dénicherez partout des articles de maroquinerie vendus meilleur marché que dans les boutiques occidentales : les poufs, par exemple, utilisés traditionnellement dans le pays et fabriqués à partir de peau de chèvre, ou encore les selles en cuir de dromadaire à chercher à Marrakech.
Certains des plus beaux sacs à bandoulière sont fabriqués dans le Rif et vendus sur les marchés de Tétouan et de Chefchaouen. Selon la qualité, vous payerez une sacoche ordinaire entre 80 Dh et 200 Dh.
Le cuir est souvent d’une excellente qualité et la réputation de la maroquinerie est à cet égard parfaitement justifiée. Malheureusement, la finition laisse parfois à désirer et les coutures peuvent céder très vite. Testez l’article avant de l’acheter.

Tapis Marocain

La vente de tapis est une activité généralement masculine mais, à la différence des autres activités artisanales, leur fabrication relève de la compétence des femmes. Ces dernières peuvent mettre des mois pour faire un tapis dans le style de Rabat, alors que quelques jours de travail. Les intermédiaires récupérant la majeure partie des profits, mieux vaut essayer d’acheter directement aux producteurs.
Les tapis de haute laine ont des motifs et des coloris très différents selon les régions. Rabat est le centre de la production des tapis musulmans traditionnels, inspirés du travail des tapissiers moyens-orientaux. De style de très formel, ils se caractérisent par la qualité de la laine et la richesse de leurs couleurs, et comportent un motif central et une bordure complexe. En règle générale, plus la bordure est large et compliquée, plus le tapis est cher. Aujourd’hui on voit apparaître des motifs modernes et des représentations d’animaux.
Les teintures chimiques sont largement utilisées dans les villes. Elles ont tendance à perdre de leur éclat, contrairement aux teintures naturelles à base de végétaux, employées dans le sud et les régions montagneuses. Pour les marocains, les tapis sont des objets utilitaires autant que des œuvre d’art et l’éclat caractéristique du neuf n’est pas destiné à se conserver. Seules les pièces anciennes (d’au moins 40 ans) garantissent une relative stabilité des couleurs.
La valeur d’un tapis ne dépend pas seulement de la complexité des motifs, mais aussi de son ancienneté, du nombre de nœuds et – peut-être le plus important – de l’épaisseur de la laine. De nombreux tapis marocains de laine souple ne supportent guère des allées et venues fréquentes. Il est rare de dénicher un beau tapis ancien et le prix s’en ressent. Un mètre carré de tapis comportent des dizaines de milliers de nœuds. Plus la densité de nœuds est importante, plus la durée de vie sera longue. Les plus belles pièces comptent environ 360 000 à 380 000 nœuds par mètre carré et sont quasiment introuvables. Aussi, le mensonge est souvent flagrant lorsque l’on vous affirme que le tapis étalé devant vos yeux compte plusieurs centaines de milliers de nœuds par mètre carré.
Les prix sont exagérés au début du marchandage. Entre 800 Dh et 1 200 Dh par mètre carré, le prix est correct, mais un marchandage intensif peut le faire descendre entre 600 Dh et 1 000 Dh, voire moins si le vendeur cherche absolument à vendre. Si le tapis n’est pas d’excellente qualité, il suffit généralement d’être tenace pour que le prix finisse par baisser.

Tapis tribaux
En dehors de Rabat, la majorité des tapis sont produits par les centaines de tribus berbères et arabes qui peuplent le pays. Les motifs et les techniques sont extrêmement variés.
La plupart des tapis faits par ces tribus sont tissés à plat (on trouve aussi quelques tapis veloutés) et présentent des motifs en zigzags, en carrés ou en losanges, des dessins géométriques plus simples (comme de larges bandes horizontales), des symboles abstraits du mauvaise œil et des lettres ou symboles berbères. Les teintures – qui utilisent divers végétaux tels que le henné, l’indigo ou le safran – sont plus naturelles que pour les tapis de Rabat de style musulman urbain.
Les tapis tissés utilisés comme des couvertures, posés au sol ou destinés à tout usage domestique sont appelés hanbels ou kilims. Leur prix commence autour de 300 Dh le mètre carré.
Un zanafi ou un glaoua allie le tissage à plat et haute laine bien moelleuse. Ne comptez pas payer moins de 700 Dh le mètre carré. Quant au shedwi, il s’agit d’un tapis fait de bandes noires et blanches, tissées au point noué et assemblées.

Zellije Marocain

Les zelliges, petits carreaux qui forment des mosaïques complexes et décorent les murs et les sols des mosquées et des palais, représentent l’une des traditions artistiques les plus fascinantes du Maroc.
L’art du zelliges aurait, à l’origine, été inspiré par les mosaïques byzantines et les techniques de l’Espagne mauresque. Les influences arabes ont toutefois donné à cet art un style marocain bien spécifique.
Le zellige marocain se distingue par une extraordinaire palette de couleurs et par une géométrie mathématique complexe. La tradition islamique interdisant toute représentation d’êtres vivants, la créativité s’est exprimée à travers des formes géométriques spectaculaires.
Plus de 360 figures sont disponibles. L’artisan consacre les cinq premières années de son apprentissage à dessiner et à reproduire ces multiples configurations géométriques afin de les maîtriser et de les mémoriser.
Le zellige connut son apogée entre le Xe et le XIVe siècles et, en dépit de sa complexité, cet art coûteux reste populaire dans le Maroc actuel.

Artisanat marocain

L’artisanat marocain tient autant de l’ouvrage artistique que de la nécessité financière. Dans ce pays imprévisible où l’homme est à la merci des éléments, les artisans ne peuvent se permettre le même luxe de passion que leurs confrères occidentaux, dont l’activité tient avant tout de l’œuvre d’art. Avant d’être un créateur, l’artisan marocain est un survivant et, à ce titre, son activité est plus considérée comme un moyen de subsistance que comme un art. Il ne faudrait toutefois pas minimiser la charge émotionnelle des œuvres : la plupart des artisans sont les héritiers d’une longue tradition familiale dont ils perpétuent la tradition avec une véritable passion. Il reste cependant que le besoin de nourrir sa famille prime souvent sur l’expression individuelle et pousse à la production en série. Il suffit d’ailleurs de se promener dans les souks pour apercevoir des quantités de poteries identiques ou de petits chameaux destinés aux touristes.
Mais lorsqu’ils ne succombent pas aux sirènes du mercantilisme, les artistes marocaines sont capables de produire des pièces extraordinaires, depuis les minutieux terz el fassi (broderies traditionnelles de fès) jusqu’aux calligraphies coraniques, en passant par les superbes fontaines en zelliges (carreaux de céramiques).