Palais El Badi

Au sud de Djemaa el Fna le palais el Badi, érigé par Ahmed el-Mansour entre 1578 et 1602, est le plus célèbre de Marrakech. Dès sa construction, il fut considéré comme l’un des plus beaux au monde, d’où son surnom d’Incomparable, mais il n’en reste presque rien.

Ses dimensions ne peuvent qu’impressionner : bassin central de 90 m entouré d’orangeraies en contrebas, hauts murs en pisé et cour centrale longue de 130 m. Encore ne subsiste-t-il plus qu’une fraction de l’ancien édifice, les appartements privés et ceux des courtisans étant aujourd’hui incorporés au palais royal moderne, le Dar el-Makhzen. L’énorme structure à l’ouest est la koubba al-Khamsiniyya, qui tire son de ses 50 colonnes de marbre et servait de salle de réception officielle. En continuant vers le sud, vous vous retrouverez au milieu d’un déroutant dédale de couloirs souterrains, de réserves et cachots – qu’une lampe électrique vous permettra de mieux explorer.

Le coût de sa construction, colossal, fut principalement financé par les rançons extorquées aux nobles portugais capturés après leur défaite de 1578 face aux Saadiens, lors de la bataille des Trois Rois. Cette victoire valut à leur sultan le qualificatif d’ « el-Mansour », le Victorieux. Les travaux, réalisés par les meilleurs artisans de l’époque, durèrent plus de 20 ans. Ils utilisèrent des piliers de marbre achetés leur poids en sucre et des feuilles d’or apportées par la route caravanière de Tombouctou récemment passée sous contrôle saadien.

Malheureusement, la qualité et le luxe de ces bâtiments éveillèrent la convoitise de Moulay Ismaïl, lequel consacra 12 ans à les démanteler. Si la majeure partie du site est en ruines, ne ratez cependant pas le minbar de la Koutoubia, exposé dans une salle spéciale. Vraisemblablement fabriqué à Cordoue au XIIe siècle, il mérite le coup d’œil pour ses motifs d’ivoire délicatement ouvragés dans le bois précieux.

Pour se rendre au palais, le plus pratique est d’emprunter l’avenue Houmane el-Fetouaki, du sud-est de la Koutoubia à la place des Ferblantiers, où commencent les remparts. Vous apercevrez un grand portail ; franchissez-le et tournez à droites. L’entrée et le guichet se trouvent juste en face. Le palais est le principal site du Festival folklorique du mois de juin et du festival du film international. Ses ruines offrent un décor féerique, avec mille lumières se reflétant dans l’eau des bassins et l’arôme des fleurs d’oranger qui flotte dans l’air du soir.

Musée de Marrakech

Inauguré en 1997, le musée de Marrakech occupe le Dar Mnebbi, un riad du XIXe siècle magnifiquement restauré. Ancienne demeure de Mehdi Mnebbi, très apprécié ministre de la Défense de Moulay Abdelaziz (1894-1908), ce palais tombais en ruine lorsque le mécène Omar ben Jelloun l’acheta et la remit en état. A l’intérieur, des stalactites de stuc pendent des plafonds parmi une fascinante profusion de zelliges. Autour de la superbe cour intérieure ponctuée de fontaines, des galeries abritent des œuvres d’art, tout en permettant au visiteur de découvrir des aménagements traditionnels, comme le hammam d’origine à l’échelle des familles les plus fortunées de Marrakech, bien entendu.

Des expositions temporaires présentent un panorama complet des arts et de l’artisanat. Le musée de marrakech accueille également, à l’occasion, des concerts ou des pièces de théâtre. Il comporte en outre un café, installé dans une cour tranquille, et une boutique de souvenirs proposant une bonne sélection de livres d’art, d’affiches et des cartes postales.

les jardins marrakech

Les nombreux et magnifiques jardins de Marrakech offrent une expérience olfactive beaucoup plus plaisante. Outre les jardins évoqués ci-dessous, n’oubliez pas ceux de la Mamounia, frais et tranquilles.

Jardin Majorelle, Musée d’art Islamique
Aujourd’hui propriété du couturier Yves Saint Laurent, le luxuriant jardin Majorelle et le musée d’Art islamique furent conçu par le peintre français Jacques Majorelle, qui y vécut de 1922 à 1962. Au milieu des cactus, des bambous et des cascades de bougainvillées se cache une villa d’un bleu intense qui abrite désormais le musée. Les collections incluent des tapis, des rideaux de mariage, des ceintures, des bijoux et des manuscrits…(notice rédigées en arabe et en français). Quelques œuvres de Majorelle sont également exposées. Si possible, essayez de venir de bon matin pour avoir le site pour vous tout seul. Les chiens et les pique-niques sont interdits.

Jardins de la Menara
A quelque 2 km de la mosquée de la Koutoubia s’étendent les jardins de la Ménara, créés au XIIe  siècle par les Almohades. Très fréquentés par les Marrakechis, ils n’en restent pas moins un endroit paisible, idéal pour échapper à la canicule estivale et à la frénésie de la ville. Au centre de ce qui n’est guère qu’une prolongation plus ordonnée des oliveraies implantées à l’est, un grand bassin flanque un pavillon bâti en 1869 (dont la photo figure dans tous les guides touristiques), offrant une vue superbe depuis son balcon. Ce jardin aujourd’hui ouvert au public était autrefois réservé aux sultans et à leurs vizirs.

Les Jardins de L’Agdal
Au sud du palis royal, le jardin de l’Agdal, dessiné par les Almohades en 1156-1157, s’étend sur plusieurs kilomètres et quelque 16 hectares, il offre une végétation plus variée que celle des jardins de la Ménara, et est agrémenté de plusieurs pavillons. Pour vous y rendre (idéalement à vélo), prenez le chemin qui part vers le sud à l’angle sud-ouest du méchouar (grande place), en face du palis royal.

Les souks de Marrakech

Marrakech doit autant sa renommée à son esthétique qu’à l’animation colorée de ses célèbres souks, réputés pour la qualité des articles artisanaux que l’on y trouve.

Ce labyrinthe de ruelles qui s’étend du nord de Djemaa el fna à la mosquée Ali ben Youssef est assez compact. Plus exigus et plus bruyants que les souks de Fès, les souks de Marrakech semblent avoir servi de modèle à tous les autres. On pénètre ici dans un monde à la fois fascinant et intimidant, dans lequel certains secteurs sont aussi paisibles qu’une gravure du XIXe  siècle (comme le souk des forgerons ou celui des charpentiers), et d’autres, où l’insistance des vendeurs frise l’agressivité.

Il peut être judicieux de recruter un guide accrédité lors de votre première incursion dans les souks, surtout si le temps vous est compté. Ce qui ne veut pas dire que vous ne puissiez pas vous en passer. Appliquez dans ce cas une règle d’or : ne vous écartez pas des artères principales, suivez le flot des passants et vous finirez par atteindre un repère ou une porte de la cité.

Cette promenade vous fera découvrir nombre d’artisans à l’ouvrage, qu’ils fabriquent des babouches, tissent des tapis, teignent des tissus ou travaillent le métal. Si vous souhaitez découvrir les souks en pleine effervescence, sachez que la plupart des artisans et des vendeurs font une pause entre 13h30 et 15h, et que le vendredi est un jour calme.

place jemaa fna

Centre névralgique de Marrakech, Djemaa el Fna est une immense place de la médina qui offre l’un des spectacles les plus grandioses du monde. Selon l’écrivain Paul Bowles, Marrakech sans Djemaa el Fna ne serait qu’une ville marocaine parmi tant d’autres. Avec les souks, c’est là que tout au long de leur séjour.

Bien qu’animée à toute heure de la journée, la place s’éveille pleinement à la tombée de la nuit. Le rideau se lève alors sur d’innombrables rangées d’étale de nourriture qui remplissent l’air d’alléchantes odeurs. Jongleurs, conteurs, charmeurs de serpents, musiciens et, parfois, acrobates occupent le reste de l’espace, vite entourés de spectateurs attentifs, qui observent et éclatent de rire avant de passer au spectacle suivant. Bien entendu, les touristes sont vite invités à participer. Pensez à laisser quelques dirhams aux artistes. Toutefois, les numéros avec des signes offrent un bien triste spectacle qu’il serait regrettable d’encourager.

Aux groupes de spectateurs, de dîneurs, d’acheteurs et de touristes se mêlent prostitué(e)s, pickpokets, camelots et, de temps à autres, des enfants « sniffant » de la colle. En bordure de la place, des lampes à pétrole éclairent les étals de jus de fruits. Derrière, assis sur le sol au milieu de leur extraordinaire marchandise, les herboristes vous prescriront une potion, quel que soit votre problème.

Par le passé, les grandes places de nombreuses villes du Maroc offraient peu ou prou un spectacle similaire. Hélas ! Le phénomène n’a pas survécu à la télévision et à la vie moderne. A Marrakech aussi, le rideau a bien faillit tomber définitivement sur ce spectacle médiéval, mais les autorités ont finalement renoncé à transformer la place en parking.

On répète souvent que c’est grâce aux touristes que Djemaa el Fna subsiste. Mais si ces derniers font bien vivre les vendeurs d’eau, les applicateurs de henné et les charmeurs de serpent, la grande majorité de la foule est constituée de Marocains. Par ailleurs, les conteurs ne s’adressent certainement pas aux touristes, qui sont rares à comprendre leurs étranges et merveilleux récits.

Après avoir fait le tour de la place, installez-vous en terrasse, dans l’un des cafés et restaurants qui occupent les toits, pour contempler le spectacle à distance.