Ait Benhaddou

Peu de kasbahs de la région de l’Atlas sont aussi surprenantes et aussi bien préservées que celle d’Ait Benhaddou, à 32 km de Ouarzazate. Ce n’est guère étonnant lorsque l’on sait que le site a bénéficié, sur le plan financier, du tournage d’une vingtaine de films, parmi lesquels Lawrence d’Arabie, Jésus de Nazareth (pour lequel une bonne partie du village fut reconstruite) et, plus récemment, Gladiator. En dépit de sa célébrité cinématographique, le village se vide. La kasbah est inscrite au patrimoine de l’Unesco.

Du complexe touristique La Kasbah, passez devant les étals de souvenirs et vous verrez la kasbah sur l’autre rive de l’oued Ounila, en grande partie asséché. Certains habitants font visiter leur maison moyennant quelques dirhams. Il vous en coûtera environ 5 Dh pour pénétrer dans la kasbah s’élève un silo fortifié en ruine, qui offre une vue magnifique sur la palmeraie et, plus loin, sur l’implacable hamada (désert de pierre).

A 7 km d’Ait Benhaddou sur la route goudronnée se dresse la kasbah de Tamdaght (10 Dh), une autre fortification glaoui, surmontée de nids de cigognes. Moins spectaculaire que celle d’Ait Benhaddou, elle est aussi moins touristique. Réglez le droit d’entrée auprès du gardien. De Tamdaght, il faut un 4×4 pour poursuivre vers le nord et Telouet.

Où se loger et se restaurer

Complexe touristique la kasbah. Un vaste établissement confortable qui reçoit la plupart des visiteurs d’Ait Benhaddou, attirés par ses équipements (dont une boutique qui vend des pellicules et des timbres) et sa vue sur la kasbah. L’Auberge el-Ouidane de l’autre côté de la route, fait aujourd’hui office d’annexe du précédent, avec des chambres moins onéreuses. Les non-résidents peuvent accéder à la piscine, moyennant 30 Dh.

Le Defat kasbah

3 km sur la route de Tamdaght, tenu par des Espagnols, loue des chambres joliment décorées. Il dispose d’une agréable piscine, d’un bar et d’un restaurant. Les non-hôtes déboursent 25 Dh pour profiter de la piscine. Les prix grimpent de 25% en avril.

L’Auberge Café Restaurant kasbah du Jardin

Simple mais calme, à l’extrémité de la ville, propose des chambres d’un bon rapport qualité/prix. Le bâtiment intérieur, en béton, manque de charme. Le propriétaire peut trouver des mules (100 Dh/jour) su vous souhaitez partir en randonnée vers le nord, en direction de Telouet.

Auberge Etoile Filante d’or

On séjourne ici, en plein cœur de la ville, dans des chambres propres, sans prétention, avec sdb.

Depuis/vers Ait Benhaddou

En venant de Ouarzazate, suivez la route principale de Marrakech pendant 22 km jusqu’au panneau indiquant Ait Benhaddou ; puis parcourez encor 9 km par une route goudronnée. Des grands taxis partent de la gare routière de Ouarzazate quand ils sont pleins (15 Dh/pers), et de la bifurcation (30 Dh pour le taxi entier). Affréter un grand taxi à partir de Ouarzazate coût entre 200 et 300 Dh la demi-journée. Des minibus assurent la liaison Tamdaght-Ouarzazat le matin, partant quand ils sont pleins.

Il est également possible d’effectuer le trajet à vélo depuis Ouarzazate, en trois heures environ.

Musée de Marrakech

Inauguré en 1997, le musée de Marrakech occupe le Dar Mnebbi, un riad du XIXe siècle magnifiquement restauré. Ancienne demeure de Mehdi Mnebbi, très apprécié ministre de la Défense de Moulay Abdelaziz (1894-1908), ce palais tombais en ruine lorsque le mécène Omar ben Jelloun l’acheta et la remit en état. A l’intérieur, des stalactites de stuc pendent des plafonds parmi une fascinante profusion de zelliges. Autour de la superbe cour intérieure ponctuée de fontaines, des galeries abritent des œuvres d’art, tout en permettant au visiteur de découvrir des aménagements traditionnels, comme le hammam d’origine à l’échelle des familles les plus fortunées de Marrakech, bien entendu.

Des expositions temporaires présentent un panorama complet des arts et de l’artisanat. Le musée de marrakech accueille également, à l’occasion, des concerts ou des pièces de théâtre. Il comporte en outre un café, installé dans une cour tranquille, et une boutique de souvenirs proposant une bonne sélection de livres d’art, d’affiches et des cartes postales.

les jardins marrakech

Les nombreux et magnifiques jardins de Marrakech offrent une expérience olfactive beaucoup plus plaisante. Outre les jardins évoqués ci-dessous, n’oubliez pas ceux de la Mamounia, frais et tranquilles.

Jardin Majorelle, Musée d’art Islamique
Aujourd’hui propriété du couturier Yves Saint Laurent, le luxuriant jardin Majorelle et le musée d’Art islamique furent conçu par le peintre français Jacques Majorelle, qui y vécut de 1922 à 1962. Au milieu des cactus, des bambous et des cascades de bougainvillées se cache une villa d’un bleu intense qui abrite désormais le musée. Les collections incluent des tapis, des rideaux de mariage, des ceintures, des bijoux et des manuscrits…(notice rédigées en arabe et en français). Quelques œuvres de Majorelle sont également exposées. Si possible, essayez de venir de bon matin pour avoir le site pour vous tout seul. Les chiens et les pique-niques sont interdits.

Jardins de la Menara
A quelque 2 km de la mosquée de la Koutoubia s’étendent les jardins de la Ménara, créés au XIIe  siècle par les Almohades. Très fréquentés par les Marrakechis, ils n’en restent pas moins un endroit paisible, idéal pour échapper à la canicule estivale et à la frénésie de la ville. Au centre de ce qui n’est guère qu’une prolongation plus ordonnée des oliveraies implantées à l’est, un grand bassin flanque un pavillon bâti en 1869 (dont la photo figure dans tous les guides touristiques), offrant une vue superbe depuis son balcon. Ce jardin aujourd’hui ouvert au public était autrefois réservé aux sultans et à leurs vizirs.

Les Jardins de L’Agdal
Au sud du palis royal, le jardin de l’Agdal, dessiné par les Almohades en 1156-1157, s’étend sur plusieurs kilomètres et quelque 16 hectares, il offre une végétation plus variée que celle des jardins de la Ménara, et est agrémenté de plusieurs pavillons. Pour vous y rendre (idéalement à vélo), prenez le chemin qui part vers le sud à l’angle sud-ouest du méchouar (grande place), en face du palis royal.

Les souks de Marrakech

Marrakech doit autant sa renommée à son esthétique qu’à l’animation colorée de ses célèbres souks, réputés pour la qualité des articles artisanaux que l’on y trouve.

Ce labyrinthe de ruelles qui s’étend du nord de Djemaa el fna à la mosquée Ali ben Youssef est assez compact. Plus exigus et plus bruyants que les souks de Fès, les souks de Marrakech semblent avoir servi de modèle à tous les autres. On pénètre ici dans un monde à la fois fascinant et intimidant, dans lequel certains secteurs sont aussi paisibles qu’une gravure du XIXe  siècle (comme le souk des forgerons ou celui des charpentiers), et d’autres, où l’insistance des vendeurs frise l’agressivité.

Il peut être judicieux de recruter un guide accrédité lors de votre première incursion dans les souks, surtout si le temps vous est compté. Ce qui ne veut pas dire que vous ne puissiez pas vous en passer. Appliquez dans ce cas une règle d’or : ne vous écartez pas des artères principales, suivez le flot des passants et vous finirez par atteindre un repère ou une porte de la cité.

Cette promenade vous fera découvrir nombre d’artisans à l’ouvrage, qu’ils fabriquent des babouches, tissent des tapis, teignent des tissus ou travaillent le métal. Si vous souhaitez découvrir les souks en pleine effervescence, sachez que la plupart des artisans et des vendeurs font une pause entre 13h30 et 15h, et que le vendredi est un jour calme.

place jemaa fna

Centre névralgique de Marrakech, Djemaa el Fna est une immense place de la médina qui offre l’un des spectacles les plus grandioses du monde. Selon l’écrivain Paul Bowles, Marrakech sans Djemaa el Fna ne serait qu’une ville marocaine parmi tant d’autres. Avec les souks, c’est là que tout au long de leur séjour.

Bien qu’animée à toute heure de la journée, la place s’éveille pleinement à la tombée de la nuit. Le rideau se lève alors sur d’innombrables rangées d’étale de nourriture qui remplissent l’air d’alléchantes odeurs. Jongleurs, conteurs, charmeurs de serpents, musiciens et, parfois, acrobates occupent le reste de l’espace, vite entourés de spectateurs attentifs, qui observent et éclatent de rire avant de passer au spectacle suivant. Bien entendu, les touristes sont vite invités à participer. Pensez à laisser quelques dirhams aux artistes. Toutefois, les numéros avec des signes offrent un bien triste spectacle qu’il serait regrettable d’encourager.

Aux groupes de spectateurs, de dîneurs, d’acheteurs et de touristes se mêlent prostitué(e)s, pickpokets, camelots et, de temps à autres, des enfants « sniffant » de la colle. En bordure de la place, des lampes à pétrole éclairent les étals de jus de fruits. Derrière, assis sur le sol au milieu de leur extraordinaire marchandise, les herboristes vous prescriront une potion, quel que soit votre problème.

Par le passé, les grandes places de nombreuses villes du Maroc offraient peu ou prou un spectacle similaire. Hélas ! Le phénomène n’a pas survécu à la télévision et à la vie moderne. A Marrakech aussi, le rideau a bien faillit tomber définitivement sur ce spectacle médiéval, mais les autorités ont finalement renoncé à transformer la place en parking.

On répète souvent que c’est grâce aux touristes que Djemaa el Fna subsiste. Mais si ces derniers font bien vivre les vendeurs d’eau, les applicateurs de henné et les charmeurs de serpent, la grande majorité de la foule est constituée de Marocains. Par ailleurs, les conteurs ne s’adressent certainement pas aux touristes, qui sont rares à comprendre leurs étranges et merveilleux récits.

Après avoir fait le tour de la place, installez-vous en terrasse, dans l’un des cafés et restaurants qui occupent les toits, pour contempler le spectacle à distance.