Tapis Marocain

La vente de tapis est une activité généralement masculine mais, à la différence des autres activités artisanales, leur fabrication relève de la compétence des femmes. Ces dernières peuvent mettre des mois pour faire un tapis dans le style de Rabat, alors que quelques jours de travail. Les intermédiaires récupérant la majeure partie des profits, mieux vaut essayer d’acheter directement aux producteurs.
Les tapis de haute laine ont des motifs et des coloris très différents selon les régions. Rabat est le centre de la production des tapis musulmans traditionnels, inspirés du travail des tapissiers moyens-orientaux. De style de très formel, ils se caractérisent par la qualité de la laine et la richesse de leurs couleurs, et comportent un motif central et une bordure complexe. En règle générale, plus la bordure est large et compliquée, plus le tapis est cher. Aujourd’hui on voit apparaître des motifs modernes et des représentations d’animaux.
Les teintures chimiques sont largement utilisées dans les villes. Elles ont tendance à perdre de leur éclat, contrairement aux teintures naturelles à base de végétaux, employées dans le sud et les régions montagneuses. Pour les marocains, les tapis sont des objets utilitaires autant que des œuvre d’art et l’éclat caractéristique du neuf n’est pas destiné à se conserver. Seules les pièces anciennes (d’au moins 40 ans) garantissent une relative stabilité des couleurs.
La valeur d’un tapis ne dépend pas seulement de la complexité des motifs, mais aussi de son ancienneté, du nombre de nœuds et – peut-être le plus important – de l’épaisseur de la laine. De nombreux tapis marocains de laine souple ne supportent guère des allées et venues fréquentes. Il est rare de dénicher un beau tapis ancien et le prix s’en ressent. Un mètre carré de tapis comportent des dizaines de milliers de nœuds. Plus la densité de nœuds est importante, plus la durée de vie sera longue. Les plus belles pièces comptent environ 360 000 à 380 000 nœuds par mètre carré et sont quasiment introuvables. Aussi, le mensonge est souvent flagrant lorsque l’on vous affirme que le tapis étalé devant vos yeux compte plusieurs centaines de milliers de nœuds par mètre carré.
Les prix sont exagérés au début du marchandage. Entre 800 Dh et 1 200 Dh par mètre carré, le prix est correct, mais un marchandage intensif peut le faire descendre entre 600 Dh et 1 000 Dh, voire moins si le vendeur cherche absolument à vendre. Si le tapis n’est pas d’excellente qualité, il suffit généralement d’être tenace pour que le prix finisse par baisser.

Tapis tribaux
En dehors de Rabat, la majorité des tapis sont produits par les centaines de tribus berbères et arabes qui peuplent le pays. Les motifs et les techniques sont extrêmement variés.
La plupart des tapis faits par ces tribus sont tissés à plat (on trouve aussi quelques tapis veloutés) et présentent des motifs en zigzags, en carrés ou en losanges, des dessins géométriques plus simples (comme de larges bandes horizontales), des symboles abstraits du mauvaise œil et des lettres ou symboles berbères. Les teintures – qui utilisent divers végétaux tels que le henné, l’indigo ou le safran – sont plus naturelles que pour les tapis de Rabat de style musulman urbain.
Les tapis tissés utilisés comme des couvertures, posés au sol ou destinés à tout usage domestique sont appelés hanbels ou kilims. Leur prix commence autour de 300 Dh le mètre carré.
Un zanafi ou un glaoua allie le tissage à plat et haute laine bien moelleuse. Ne comptez pas payer moins de 700 Dh le mètre carré. Quant au shedwi, il s’agit d’un tapis fait de bandes noires et blanches, tissées au point noué et assemblées.